C- Malaise du monde et devoir de mémoire.

Le malaise du monde est une idée qui apparut après la découverte des camps de concentrations, par le biais d’images filmées par les soldats américains.
En effet, les populations se rendent compte qu’il y a eu pendant la seconde guerre mondiale une véritable volonté d’exterminer des peuples entiers. C’est d’ailleurs à cette époque qu’apparut le terme juridique de « crime contre l’humanité ». On réalise alors que l’Homme est capable d’être sans pitié et de commettre les pires horreurs. C’est une remise en question de l’Homme qui se dit civilisé, et de la notion même d’humanité.
Aussi les crimes commis sous le régime d’Hitler restent sans coupable. Personne ne veut en prendre la responsabilité, chacun rejette la faute sur l’autre en précisant qu’il n’a fait qu’obéir aux ordres.
Pour les gens la seconde guerre mondiale est donc un mauvais souvenir qu’il faut effacer de sa mémoire, pour ne pas devoir faire face à toutes les questions que cette déferlante d’horreurs a laissé derrière elle. Il y a donc une réelle volonté d’oubli de la part des peuples et des victimes.
Au malaise du monde s’oppose l’idée de « devoir de mémoire », c’est-à-dire un devoir moral attribué à des Etats d’entretenir le souvenir des souffrances subies dans le passé par certaines catégories de la population. En l’occurrence il s’agit d’entretenir particulièrement le souvenir des souffrances subies par les victimes des camps de concentrations et d’extermination.
A l’opposé du refoulement, la volonté de cacher qui caractérisait le Malaise du monde, le devoir de mémoire fait face aux atrocités commises, en osant les aborder ouvertement, notamment à l’école.
Ce comportement s’oppose aussi à «l’armistice » (qui impose l’oubli pour apaiser les populations qui se sont affrontées), aux célébrations (qui élèvent les morts au rang de martyr ou de héros, soulignant le fait que leur sacrifice est volontaire).
Le devoir de mémoire illustre donc l’idée exprimée par Marx, « Qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre », cherche donc à rappeler aux nouvelles générations ce qui est arrivé, pour éviter que les mêmes horreurs se produisent de nouveau dans le futur.

La 2ème guerre mondiale (en particulier l’horreur concentrationnaire) semble donc être un sujet difficile à aborder au cinéma. Pour la majorité de ceux qui l’ont vécu c’est un tabou, et pour les générations qui ne l’ont pas connu cela représente un devoir pesant et contraignant.
Nous allons donc chercher à comprendre comment certains films ont procédé pour aborder ce sujet d’une manière attractive qui atteint le spectateur.