Introduction

Tout le monde a forcément vu un film qui traite du nazisme ou de la Seconde guerre mondiale. Pourtant cette association paraît étonnante.

En effet, d’un coté il y a le Troisième Reich (ou Allemagne nazie), l’État allemand dirigé par Adolf Hitler lorsqu’il prit le pouvoir et le monopolisa. L’Etat fut proclamé ainsi en mars 1933, et son chancelier obtint les pleins pouvoirs fin mars. Le nazisme est l’idéologie du NSDAP, parti politique fondé en Allemagne en 1920. Le programme nazi prévoyait d’améliorer le sort des classes populaires et de lutter à la fois contre les capitalistes et les communistes.

La devise du Führer était « Ein Volk, Ein Reich, Ein Führer » (Un Peuple, Un Empire, Un Chef).

« Ein Volk » car cette idéologie ou vision du monde divisait l’espèce humaine en races avec au sommet la race aryenne (homme pâle aux cheveux blonds et yeux bleus de culture germanique). Les nazis voulaient éliminer les races inférieures car ils pensaient qu’elles polluaient la génétique humaine. Les génocides associés à cette idéologie constituaient « la Solution Finale » (système dans lequel les juifs étaient conduits dans des camps d’extermination) pour les nazis. Le régime nazi, totalitaire ne se contentait pas d’une obéissance passive de la population, il voulait la mobiliser au service de ses idéaux ( Art. 4 du programme nazi : Seul peut être citoyen un frère de race du peuple allemand. Seul est frère de race celui qui est de sang allemand. Aucun Juif ne peut donc être un frère de race. Art.7 du programme nazi : Nous demandons que l’Etat s’engage à procurer à tous les citoyens des moyens d’existence. Si ce pays ne peut nourrir toute sa population, les non-citoyens devront être expulsés du Reich).

« Ein Führer » car il n’y avait qu’une seule personne pour tout diriger : Adolf Hitler. Il avait le pouvoir absolu et pouvait donc tout contrôler. Il rétablissait l’ordre dans son Empire grâce à la Gestapo (police secrète nazie) qui arrêtait et conduisait les résistants, juifs …. etc, dans les camps de concentration où les déportés faisaient des travaux forcés. Cette persécution commença en 1933.C’était un État policier de type totalitaire, reposant avant tout sur le « pouvoir charismatique » absolu exercé par son Führer Adolf Hitler. ( Art. 1 et 3 du programme nazi : Nous exigeons la constitution d’une Grande Allemagne, réunissant tous les Allemands).

« Ein Reich » car il voulait un pouvoir fort, capable de rassembler en un Etat tous les allemands, pour ensuite conquérir l’Est « l’espace vital » qui leur était nécessaire.

Le Troisième Reich est responsable du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en Europe (1939-1945), pendant laquelle furent commis des crimes de masse, le génocide des Juifs et des Tsiganes d’Europe, l’extermination des handicapés, ainsi que la poursuite et le massacre de tous les résistants à ce régime. Ceux qui n’étaient pas en bonne condition physique (personnes âgées, enfants ou handicapés) étaient exterminés (dans les chambres à gaz généralement) et tous ceux qui travaillaient mal ou tentaient de s’échapper étaient exécutés sur place. Après 1934, toute opposition organisée contre le nazisme avait pratiquement disparue. Ce régime dura douze ans : de la nomination de Hitler comme chancelier le 30 janvier 1933, à la capitulation sans condition du Reich le 8 mai 1945.

La Seconde Guerre Mondiale commença avec l’invasion des allemands en Pologne. Après la défaite d’Hitler à Moscou, trois des plus importants pays et des plus peuplés s’allièrent contre lui (URSS, les Etats-Unis et l’Empire Britannique). Enfin au printemps 1945 le Reich fut bombardé quotidiennement, Hitler finit par perdre la guerre et se suicida dans son bunker à Berlin. Son successeur Karl Dönitz n’eut pas d’autre choix que de capituler le 8 mai 1945.

Les conséquences du Troisième Reich furent terribles puisque cette guerre fut l’un des plus grands génocides de l’histoire de l’Europe avec 5.5 millions de juifs exterminés entre 1941 et 1945. Durant cette guerre, 1 500 000 résistants, témoins de Jéhovah, homosexuels et un tiers des Tziganes dans toute l’Europe furent massacrés et persécutés, 150 000 handicapés allemands furent tués.

Elle détruisit l’Allemagne puisque sa défaite la laissa en ruines (90% des villes allemandes furent détruites) et la fit disparaître en tant qu’Etat jusqu’en 1949. Maintenant cette partie de l’Histoire est résolue, finie. On a déterminé qui a eu tort et raison et ce qui est bien et mal. Dans nos têtes cela ne peut pas recommencer. Les populations pensent avoir évolué idéologiquement.

A l’opposé de cela il y a le cinéma: les gens y vont plutôt pour se divertir, se détendre et passer un bon moment en se changeant les idées. En effet le Box-Office français, depuis la création du cinéma, nous montre quels sont les trois films ayant fait le plus grand nombre d’entrées en une année : « Le Titanic » avec 20 758 889 entrées, « Bienvenue chez les Ch’tis » avec 20 479 826 entrées et enfin La « Grande Vadrouille » avec 17 270 304 entrées. Le Titanic est une histoire d’amour et les deux derniers films sont des films comiques, donc les gens vont bien au cinéma pour se divertir.

Le cinéma est un art du spectacle, c’est devenu à la fois un art populaire donc accessible à tout le monde et ayant un grand impact sur le monde entier, un divertissement, une industrie et un média. En français on le désigne souvent comme « le septième art ». Ce mot vient de « cinématographe », qui vient lui-même du grec (kinema : mouvement et graphein : écriture). L’art proprement dit est associé à une idée de beauté et une façon de se changer les idées.

C’est donc un paradoxe de montrer des horreurs tels que la guerre et le nazisme au cinéma.

Comment le cinéma, sans oublier de nous divertir, peut-il nous amener à réfléchir sur l’Histoire que l’on croit résolue ? Et comment va-t-il toucher la perception du spectateur actuel, pour qui le nazisme est un phénomène du passé, qui ne risque pas de se reproduire ?

Pourtant dans « Et Puis Les Touristes » un film allemand de Robert Thalheim sorti en 2007, l’un des gardiens du musée de Auswichtz, ancien déporté déclare au sujet des jeunes visiteurs :

« Montrez-leur la Liste de Schindler, ça fait plus d’effet ».

Alors comment le cinéma pourrait-il aider à penser et à dénoncer le nazisme?

Nous allons donc nous demander quels sont les procédés et les armes du cinéma pour dénoncer et nous faire réfléchir sur le nazisme.

Pour répondre à cette question nous verrons premièrement que le cinéma et le nazisme entretiennent des relations compliquées en Allemagne, comme aux Etats-Unis, et nous appuierons notre étude sur l’exemple du Dictateur de Charles Chaplin. Puis, dans un deuxième temps, nous étudierons la place du nazisme au cinéma après la fin du régime nazi avec quatre films différents.