Conclusion

A la lumière de ce travail, il apparaît que le paradoxe que nous avions évoqué entre cinéma et nazisme n’en soit pas réellement un, et que le spectateur n’est absolument pas fermé à la réflexion. D’ailleurs, un des devoirs du cinéma ne serait-il pas d’évoquer sous sa forme ludique des événements qui dérangent pour rendre le souvenir du passé vivant ?

Au cours de notre étude nous avons vu que les cinéastes, s’ils voulaient efficacement dénoncer le nazisme, cherchaient à atteindre le spectateur et le toucher de manière durable. Pour réussir cela, ils ont à leur disposition plusieurs armes : ils peuvent faire appel à des contrastes, en mêlant le rire aux larmes ou en choquant, ou bien jouer sur la frontière entre le réel et la caricature. Ils peuvent aussi impliquer le public en créant un lien privilégié entre lui et les personnages: c’est le phénomène d’identification.

En entraînant ainsi dans son sillage le spectateur, un film peut lui faire prendre conscience de la gravité, de la véracité mais aussi de l’actualité de tels évènements : « Si cela s’est passé avec des gens qui me sont similaires, pourquoi cela ne se reproduirait-il pas ici et maintenant? ».